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Groupement, centrale d'achat, CAP, SRA : comment une officine achète en 2026

Mis à jour le 23 octobre 2026

Groupement, centrale d'achat, CAP, SRA : ces mots désignent des choses différentes, et les confondre coûte cher au moment de négocier. La bonne question est toujours la même : qui négocie, qui achète, qui stocke, et pour quels produits. Ce guide répond pour chaque structure, puis montre où se place la commande directe au laboratoire.

Cinq façons d'acheter, en un tableau

StructureCe qu'elle faitProduitsStatut
Groupement ou enseigneNégocie le référencement et les conditions avec les laboratoires pour ses adhérentsSelon les accords : parapharmacie, médicaments sans ordonnance, servicesSociété, coopérative ou association de pharmaciens titulaires
Centrale d'achat pharmaceutique (CAP)Achète et stocke, en son nom ou pour le compte d'officines ou de SRA, puis revend en grosMédicaments non remboursables et autres produits vendus en officineÉtablissement pharmaceutique, sous la responsabilité d'un pharmacien
Structure de regroupement à l'achat (SRA)Négocie et achète pour ses membres, sans stocker ; un établissement pharmaceutique assure la livraisonMédicaments non remboursables, parapharmacie, diététique, compléments alimentairesSociété, groupement d'intérêt économique ou association d'officines
Grossiste-répartiteurAchète aux laboratoires, stocke et livre les officines plusieurs fois par jourLes médicaments, remboursables compris, et la parapharmacieÉtablissement pharmaceutique soumis à des obligations de service public
Laboratoire en directVend à l'officine à ses propres conditions, par son délégué, par téléphone ou en ligneSa gammeLe fabricant ou l'exploitant

Le groupement négocie, il n'achète pas forcément

Un groupement réunit des pharmaciens titulaires qui restent propriétaires de leur officine. Son premier métier est de négocier : il référence des laboratoires, obtient des conditions pour ses adhérents et les accompagne sur l'assortiment, la communication ou les services. Une partie des groupements porte aussi une enseigne commune.

Négocier ne veut pas dire acheter. Selon le groupement, l'adhérent commande ensuite lui-même au laboratoire, passe par son grossiste-répartiteur, ou achète par la CAP ou la SRA que le groupement a créée. C'est cette distinction qui explique pourquoi deux officines du même groupement n'ont pas toujours le même prix d'achat.

CAP et SRA : deux structures nées en 2009

Le décret du 19 juin 2009 a créé deux outils pour mutualiser les achats des officines. La centrale d'achat pharmaceutique est un établissement pharmaceutique : elle exerce sous l'autorité d'un pharmacien, avec une autorisation d'ouverture, et peut acheter et stocker en son nom ou pour le compte d'officines avant de revendre en gros. La structure de regroupement à l'achat est une société, un GIE ou une association d'officines. Elle négocie et achète pour ses membres sans stocker, et confie la distribution physique à un grossiste-répartiteur, un dépositaire ou une CAP.

Les deux structures partagent une limite : elles ne peuvent pas acheter de médicaments remboursables. Leur terrain est le médicament non remboursable et tout ce qui se vend en officine sans être un médicament : parapharmacie, dermocosmétique, diététique, compléments alimentaires. Le Quotidien du pharmacien a décrit le dispositif à sa création ; des questions parlementaires ont ensuite relevé ses difficultés, dont le refus de vente de certains laboratoires.

Le médicament remboursable reste à part

Pour le médicament remboursable, l'officine achète au grossiste-répartiteur ou en direct au laboratoire. Les grossistes-répartiteurs sont tenus à des obligations de service public sur l'assortiment, le stock et la rapidité de livraison, et la loi plafonne les remises que l'officine peut obtenir sur ces médicaments (code de la sécurité sociale, article L.138-9). C'est donc surtout sur le reste de l'officine, parapharmacie et produits conseil, que le choix entre groupement, CAP, SRA et direct change vraiment la marge. Pharmadvisor résume les trois circuits du point de vue du pharmacien.

Où se place la commande directe au laboratoire

Le direct garde trois atouts : les conditions du laboratoire lui-même, ses opérations du moment, et l'accès aux marques que les grossistes et les centrales ne référencent pas, souvent les plus jeunes. Sa limite tient au nombre de fournisseurs à gérer, chacun avec son délégué, son bon de commande et son franco.

Une plateforme de commande directe rassemble ces laboratoires au même endroit, sans changer qui vend. Sur Pharmorder, chaque laboratoire fixe ses prix, ses remises et son franco, et peut réserver des conditions aux pharmacies d'un groupement : elles s'appliquent une fois votre groupement déclaré et votre compte validé. Le guide sur les marketplaces pharmacie détaille ce modèle, et les laboratoires présents sont dans le catalogue.

Cinq questions à poser à votre groupement

  1. Quels laboratoires sont référencés, et lesquels manquent pour votre clientèle ?
  2. Les conditions négociées s'appliquent-elles quand vous commandez en direct, ou seulement par la CAP ou la SRA ?
  3. Les remises arrivent-elles sur la facture ou plus tard, et à quelle échéance ?
  4. Y a-t-il des objectifs d'achat, et que se passe-t-il s'ils ne sont pas atteints ?
  5. Comment quitter le groupement, avec quel préavis et quels engagements restants ?
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